Referendum - 1

A letter to my friends in the European Union

(including, for now, the British)

After last Thursday’s vote, I wanted to write to friends in other European countries, to share my feelings and just to be in touch with people I care for. I soon realised that there were far too many of them and that I’d be writing emails for days. I also saw that I’d be repeating myself in expressing my dismay and asking them not to lose faith in me, in us, in Europe. So this is a personal letter, a letter of friendship and affection, posted here just as a way to reach all my friends – and, who knows, make new ones. I’d write it in more languages if I could, but I can only manage English and French (below). Thank you for reading.

Une lettre à mes amis de l’Union européenne

(y compris, pour l’instant, les Britanniques)

Depuis le vote de jeudi dernier, j’ai voulu écrire à mes amis dans les autres pays européens pour partager mon émotion et simplement pour être en contact avec ceux qui me sont importants. Je me suis vite rendu compte qu’ils étaient très nombreux et que j’aurai des mèls à écrire pendant des jours entiers. J’ai aussi vu que je me répèterai beaucoup en exprimant ma consternation et en leur demandant de ne pas perdre la foi en moi, en nous, en Europe. Voici donc une lettre bien personnelle, une lettre d’amitié et d’affection, posté ici simplement pour mes amis – et, qui sait, pour en faire de nouveaux. J’aurai écris en allemand, en espagnol, en grec… mais je ne maitrise que  l’anglais et le français (plus bas). Merci pour la lecture et bon courage…

English version

Dear Friends

I woke: the house where I was born. Rain was falling softly in all the rooms.

Yves Bonnefoy, La Maison Natale

In voting to leave the European Union, my fellow-citizens have changed the future. The consequences – for those of us living in this green and rainy island, for our neighbours and even for people in distant lands – are grave and unpredictable. The referendum has exposed and intensified long-standing divisions in our society; it has often turned on grievances unconnected with the EU. And we have no idea what happens now.

In 1947, in a city ruined by the war, Winston Churchill told the House of Commonsthat democracy is the worst form of Government except all those other forms that have been tried from time to time’. In France, Raymond Aron, made a similarly cautious assessment, advocating democracy principally as the best way of limiting the state’s abuse of its power over individuals.

I wish today’s politicians showed similar wisdom in their thinking about democracy, but demagogues thrive by making things simple. I mistrust certainties and those who sell them, so I look to democracy – with Churchill and Aron – to protect our human rights. Electoral choices are not intrinsically good. Democracy is simply the right to choose, and the obligation to accept the consequences. The people may have spoken but what they intended to say – and why – is complex and uncertain. Those on the winning side elevate their choice to a moral truth. It is not. It is just the least bad way we have of deciding what to do.

The British have chosen to leave the European Union. The 48% who disagreed must live with that choice, as the 52% majority remind us. This thing will happen. Those who chose differently, who have other beliefs and alternative visions of the world, must decide what to do now. How do you respond when you wake up and find it’s raining in every room?

As politicians bluster in the media, I fear new borders and barbed wire. But security is built by getting to know those around us, not by planting hedges so we can’t see each other. If our neighbours do take us at our word and leave us alone, we’ll have isolation when we wanted independence.

Many of us – perhaps most – do not want that vision of our future. We know the EU is flawed – but so is our government and our democracy. They’re just the best we can manage at the moment and, as Churchill said, they’re better than the alternatives. If we walked away from everything flawed, we’d never stop walking. In truth, our imperfect systems and human weaknesses are the best explanation of why humanity does better when we work together to meet life’s complex challenges. And, of course, that also applies to this decision. We must work together to make the best of it.

I trust my friends in the European Union to understand the complexities of our struggle with these choices. It can be a difficult, dangerous world: you know as well as us what that means. Democracy’s binary choices cannot adequately reflect the hopes and fears of 35,55,983 individual voters. Only meeting, talking and listening, face to face or virtually, can help us understand each other better.

No one knows what will happen now, but societies belong to people, not governments. They are built through relationships, not treaties, in what we do, not what we say. Most of us want to live in peace with others. Most of us accept that people are different. Most of us know that life is short and precious.

For most of the period that the UK has been a member of the European community, I have worked with people who have expressed their belief in human rights, democracy and our shared humanity through cultural projects. That work is life-enhancing in every sense. It reaches across social, cultural and official divisions and helps us live together. In the past year I have visited cultural activists in many countries from Portugal to Kyrgyzstan, Orkney to Morocco, Serbia to Ireland, and of course, in Britain. Whether or not I’ve needed a visa, whatever the situation or culture of the people I’ve met, I have been inspired by their creativity, optimism and commitment – and especially the imaginative courage of the younger generation.  Come what may, that is the world I want to be part of and contribute to.

Yours in friendship

François

Version française

Chers amis

Je m’éveillai, c’était la maison natale. Il pleuvait doucement dans toutes les salles

Yves Bonnefoy, La Maison Natale

En votant pour quitter l’Union européenne, mes concitoyens ont changé l’avenir. Les conséquences – pour ceux d’entre nous qui habitent cette île verte et pluvieuse, pour nos voisins et même pour les habitants de pays lointains – sont graves et imprévisibles. Le référendum a exposé et approfondi des divisions de longue durée dans notre société ; il a aussi souvent impliqué des plaintes n’ayant que peu de rapport avec l’UE. Et nous ne savons pas ce qui en adviendra.

En 1947, dans une ville ruinée par la guerre, Winston Churchill a déclaré à la Chambre des communes que « la démocratie est la pire forme de gouvernement, sauf toutes les autres formes qui ont été essayées de temps en temps ». En France, Raymond Aron, fît une évaluation également prudente, prônant la démocratie principalement comme la meilleure façon de limiter l’abus du pouvoir étatique contre l’individu.

J’aurais souhaité que cette génération d’hommes politiques fasse preuve d’une sagesse pareille, mais les démagogues profitent toujours de fausses simplicités. D’instinct je me méfie des certitudes et de ceux qui les vendent. Je demande surtout à la démocratie – avec Churchill et Aron – la protection des droits de l’homme. Les choix électoraux ne sont pas intrinsèquement bons. La démocratie est simplement le droit de choisir, avec l’obligation d’en accepter les conséquences. Le peuple a parlé, mais ce qu’il a voulu dire – et pourquoi – reste complexe et incertain. Du côté des vainqueurs on fait de ce choix à une vérité morale. Il n’en est pas. C’est simplement façon la moins mauvaise que nous avons de faire nos choix collectifs.

Le Royaume-Uni a décidé de quitter l’Union Européenne. Les 48% qui ont voté autrement doivent vivre ce choix, comme nous le rappellent les 52% de la majorité. Cette chose se produira. Ceux d’entre nous qui ont choisi autrement, ayant d’autres croyances et d’autres visions du monde, doivent maintenant décider quoi faire. Comment réagir quand on se réveille pour trouver qu’il pleut dans toutes les chambres?

Maintenant, quand les politiciens fanfaronnent sur les médias, je crains de nouvelles frontières et de nouveau barbelées. Mais la sécurité se construit en apprenant à connaître ceux auprès de nous, pas en plantant des haies pour que nous ne puissions plus nous voir. Si nos voisins nous prennent vraiment à notre mot et nous laissent tranquilles, nous trouverons l’isolement quand nous cherchions l’indépendance.

Beaucoup d’entre nous – peut-être la majorité – ne veulent pas cet avenir. Nous savons que l’UE est imparfaite – mais on peut en dire autant de notre gouvernement, de notre démocratie. C’est simplement ce que nous avons trouvé jusqu’ici de mieux pour gérer nos affaires et, comme le disait Churchill, c’est préférable aux alternatives. Si nous abandonnions tout ce qui est imparfait, nous abandonnerions tout. Il faut accepter que nos systèmes imparfaits et nos faiblesses coopèrent face aux défis complexes de la vie. Et, bien sûr, cela s’applique également à cette décision. Nous devons travailler ensemble pour faire avec.

J’ai confiance en mes amis de l’Union européenne pour comprendre les complexités de notre lutte avec ces choix. Le monde peut être difficile et dangereux : vous aussi le savez bien. Les choix binaires de la démocratie ne peuvent pas refléter les espoirs et les craintes de 35,55,983 électeurs particuliers. Il faut se rencontre, échanger, s’écouter, que ça soit face à face ou en ligne, si nous espérons nous comprendre.

Personne ne sait ce qui va se passer maintenant, mais les sociétés appartiennent aux citoyens, pas aux gouvernements. Elles sont formées par les relations, pas par les traités. Elles sont la somme de nos actes, pas de nos paroles. La plupart d’entre nous veulent vivre en paix avec les autres. La plupart d’entre nous acceptent que les gens soient différents. La plupart d’entre nous savent que la vie est courte et précieuse.

Pendant la plupart du temps le Royaume-Uni a fait partie de la communauté européenne, j’ai travaillé avec des gens qui exprimaient leur engagement aux droits de l’homme, la démocratie et notre humanité partagée par le moyen de projets culturels. Ce travail enrichit dans tous les sens la vie. Il franchit les divisions sociales, culturelles et officielles et nous aide à vivre ensemble. L’année passée j’ai rendu visite à des activistes dans beaucoup de pays – du Portugal au Kirghizistan, des Orcades au Maroc, de la Serbie à l’Irlande et bien sûr, en Grande-Bretagne. Partout, j’ai été inspiré par la créativité des gens, leur optimisme et leur engagement – et particulièrement par le courage et l’imagination de la jeune génération. Advienne que pourra, c’est le monde dont je veux faire partie et auquel je veux contribuer.

Bien amicalement

François

10 thoughts on “A letter to my friends in the European Union (including, for now, the British)

  1. Thank you for reminding us yet again of the potential of culture and art to connect people from diverse cultures and to transcend differences. I absolutely agree that ‘security is built by getting to know those around us’ not by building barriers. In fact motto of the lay Buddhist organisation I belong to is ‘trust through friendship, peace through trust’.
    Come what may, let’s never stop striving to build trust and heart to heart connections. In fact now we must work even harder than ever to forge trust between people wherever we can.

  2. Hi. Thankyou for this. Since Thursday there have already been many conversations with people who both want the change and those who are desperate because it seems to point towards a more negative and divisive future. As I consider how to move forward it seems vital to try and understand why people have voted out – and so I keep asking the question and trying to understand the ‘other side’. I work with them, drink with them, eat with them and talk to them. So… it is going to be a period of uncertainty so it feels to me that understanding and questioning is more vital than ever.

    Pete

    1. I agree completely – the challenge is to listen creatively and with an open heart, accepting that people are angry, because one reason for the anger is the sense of not having been listened to for decades

  3. Dear François!

    Thank you so much for this! I absolutely agree – and as you, I have come to the conclusion, that the anger and despair is about being left outside. Those who voted for ‘leave’ exists in all our countries. They have been disadvantaged by the development our societies have undergone and by the structures embodied in e.g. the EU .. We have to understand that and find creative and progressive ways forward to be able to dismantle the xenophobic voices that now claim victory …

    Niels

    1. Thank you Niels – yes, we have to listen and show that our commitment to inclusive societies really does mean everyone, even those whose views we find antipathetic. The starting point can only be a recognition of common citizenship, rights and humanity. All the best, François

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